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Tables rondes/round table discussions / artgenève 2022



4-6 mars 2022 / March 4-6, 2022 artgenève art talks Stand A10


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Raw and Radical fait une escapade française avec des tables rondes en français au salon d’art artgenève. Elles seront disponibles en anglais par la suite

Raw and Radical does a french getaway with round tables in french. They will be available in english afterwards


Each round table discussion will be broadcast live on our instagram account!

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This event is organised by Raw and Radical Women in the Arts Podcast with the collaboration of author, independent curator, and gallerist Barbara Polla and art advisor and art market specialist Frédéric Elkaïm.
(see below for the detailed program in english) ︎




    Vendredi 4 mars à 15 heures, stand A10

L’art Écologique entre Mysticisme, Activisme et Dogme


avec
Marie Velardi, artiste, CH
Garance Primat, entrepreneure philantropique engagée pour la Nature et l’Art, CH/FR
Bernard Vienat, historien de l’art, curateur et directeur de art-werk, CH


L’actuel enjeu écologique est majeur. À̀ travers lui est engagée la survie de l’espèce humaine. Rien moins. À travers lui, se pose la question du maintien ou non de cette même espèce humaine au sein de la « Terre Mère », si possible dans des conditions non-apocalyptiques. Lutter contre le désastre environnemental ? C’est maintenant ou jamais. À cette aune que peut l’art ? Que peuvent les femmes, pionnières dans l’art écologique ?

D’un côté du ring – comme l’écrit Paul Ardenne, auteur de la première « bible » de l’art écologique mondial – d’un côté donc, l’art – une affaire de poésie, d’esthétique, de créations plastiques et d’élaborations sensibles. De l’autre côté de ce même ring, la réalité écologique à l’ère de l’« anthropocène » et sa déferlante de calamités de toutes sortes ? L’art, et nous, femmes, du monde de l’art, que pouvons-nous ? Quelles responsabilités pouvons-nous assumer ? Qu’avons nous fait, déjà ?

L’écrivaine et biologiste marine Rachel Carson publie en 1962 une des premières alertes au son de « Pour qui sonne le glas » : Printemps silencieux évoque un monde dans lequel les pesticides auront éliminé les oiseaux. Vingt ans plus tard, Ágnes Dénes fait pousser un champ de blé à Manhattan, puis une forêt de 11 000 arbres en Finlande. Starwhak, écrivaine pacifiste et militante est l’une des premières « sorcières » à lier féminisme et écologie et à poétiser la nature, en alliant action politique, danse, poésie, mythologie, voire magie. Critiquée vertement et ou-vertement par un Luc Ferry par exemple, elle est aujourd’hui une star du monde de l’art. L’australienne Janet Laurence crée dans des musées des « cliniques » pour les arbres, les poissons, les espèces marines en voie de disparition. La grande artiste suisse Ursula Biemann fait de l’écologie un art sensible depuis plus de quinze ans, après avoir travaillé sur les migrations vingt ans avant tous les autres artistes. Nicole Dextras, elle, aborde l’écologie du point de vue de la mode et nous propose de merveilleuses robes en feuillages et en fleurs. Et aujourd’hui ? Et ici à Art Genève ? Et demain ? Comment lier la beauté de l’art à l’efficacité politique – pour prévenir le silence des oiseaux – et notre disparition ?


Texte de Barbara Polla
autrice, commissaire d’expositions indépendante et galeriste






    Samedi 5 mars à 15 heures, stand A10

La Financiarisation, la Valorisation Économique et la Représentation Médiatique


avec
Laurence Rasti, artiste photographe, CH
Anne-Claire Bisch, directrice générale des Ports Francs et Entrepôts de Genève, CH
Frédéric Elkaïm, conseiller en art, spécialiste du marché de l’art et fondateur de Art Now! CH/FR



Les faits sont éloquents ! Si le prix record d’une œuvre d’art contemporain d’une femme se situe dans les dizaines de millions de dollars, le niveau maximal atteint par l’œuvre d’un homme doit être multiplié par dix ! Difficile alors pour certains de ne pas considérer que la « valeur artistique » des pièces réalisées par les artistes femme seraient inférieures à celle des hommes. On voit donc que la valeur « financière » surdétermine un biais de représentation négative beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Au-delà de ce constat, on peut également s’interroger sérieusement sur les analyses publiées dans les médias, qui amènent encore les « prescripteurs de l’art contemporain » (curators, collectionneurs, galeristes, responsables d’institutions, critiques d’art…) à établir la liste des « Top artistes » où les femmes sont reléguées à un petit vingt pour cent du panel. Ces chiffres ne signifient pas que le travail dynamique actuellement fait pour une meilleure validation du rôle des femmes manque d’efficacité. Mais il témoigne de la pesanteur d’un ancien système de validation du travail des femmes. L’inertie d’un mécanisme genré de reconnaissance qui s’inscrit dans l’Histoire de l’art est toujours bien présent ! Et au niveau des mécanismes purement économiques, la notion de « sécurisation » des transactions est évidemment à l’œuvre. En clair, la cote des femmes reste globalement largement inférieure à celle des hommes tout simplement parce qu’elles sont trop peu à être considérées comme les « blue chips » (les valeurs sûres) des maisons de ventes aux enchères et des grandes galeries internationales. Il est évident que la présence massive des hommes dans la direction des galeries ou des départements de ces grands acteurs du marché de l’art sont également des facteurs importants. Comment donc faire évoluer cet ensemble de phénomènes solidaires ? Peut-être en commençant à s’interroger de manière plus consciente sur les liens de cause à effet qui se nouent entre la valeur artistique, médiatique et économique de la pratique artistique des femmes…

Texte de Frédéric Elkaïm
conseiller en art, spécialiste du marché de l’art et fondateur de Art Now!





    Samedi 5 mars à 18 heures

Sexisme, Discrimination Positive et Qualité Artistique

     

avec
Emilie Ding, artist, CH
Delphine Bedel, artiste, éditrice et présidente de la Fondation Engagement Arts NL, NL
Nathalie Herschdorfer, directrice du Musée des Beaux-Arts Le Locle, CH
Alain Quemin, professor of sociology of art, GEMAS - Sorbonne Université / Institut Universitaire de France, FR

Lancée depuis de nombreuses années aux Etats-Unis par rapport aux discriminations raciales, l’idée de la discrimination positive est de favoriser les femmes dans un certain nombre de domaines afin de rétablir une forme d’équité qui, de fait, n’est pas la règle. Cette action désormais présente sous différentes formes en Europe suscite cependant encore de nombreux débats. On le sait, la majorité des artistes sortant des écoles d’art sont des femmes et pourtant il nous faut encore déplorer leur plus faible représentation tant dans les musées que sur le marché de l’art, sans compter la conception masculinisée que l’on se fait de l’Histoire de l’art de ces cinquante dernières années. Depuis longtemps deux attitudes semblent s’offrir aux artistes femmes qui sont conscientes de cet état de fait, parfois fluctuant à l’intérieur même de leurs pratiques. D’un côté elles détournent l’assignation qui leur est faite de la cuisine, la maison, les travaux « d’aiguille », brandissant ces pratiques genrées pour en faire un étendard de liberté et de créativité assumée. De l’autre côté du féminisme, certaines préfèrent construire leur œuvre sans référence particulière à cette question, estimant que c’est la reconnaissance de la qualité de leur travail qui sera la plus efficace pour le changement. Avec des groupes plus activistes tels les fameuses « Guerrilla Girls », on se situe bien entendu dans la revendication nette d’une place plus importante que les femmes se devraient d’imposer à un système de présentation des œuvres dominé par les hommes. Doit-on, pour ces artistes femmes, prendre des mesures comparables à celles qui changent la donne depuis une bonne décennie en politique ou en matière de droits sociaux ? Ou peut-on au contraire redouter un effet pervers dû à un doute sur la qualité artistique qui devrait être seule prise en compte ?

Texte de Frédéric Elkaïm
conseiller en art, spécialiste du marché de l’art et fondateur de Art Now!





    Dimanche 6 mars à 15h, stand A10

La fluidité du genre, la fluidité de l’art


avec

Véronique Caye, artiste, FR
Angela Marzullo, artiste, CH
Barbara Polla, autrice, commissaire d’expositions indépendante et galeriste, Suisse
Victoria Mühlig, conservatrice au Musée d’art de Pully, CH

« Et peut-être les sexes sont-ils plus parents qu’on ne croit, et le grand renouvellement du monde consistera peut-être en ce que l’homme et la jeune fille, libérés de tout sentiment erroné et de toute répugnance, ne se chercheront plus comme des contraires, mais comme frère et sœur, et comme voisins, et se réuniront en tant qu’êtres humains pour porter ensemble, avec simplicité, sérieux et patience, ce que le sexe a de grave, et qui leur est imposé. »
      Rainer Maria Rilke


La fluidité du genre est une revendication majeure des artistes d’aujourd’hui, hommes comme femmes. Ne pas se laisser définir par son seul sexe, explorer d’autres possibles, d’autres définitions, d’autres indéfinitions. Le mouvement arc-en-ciel, LGBTIQA+, à l’intersection des féminismes et des humanismes, valorise l’ensemble des goûts et des préférences de sexe et de genre choisis de manière individuelle et autonome. La nébuleuse artistique embrasse à bras le corps la pluralité, mille manières d’être femme ou homme ou autre, ou tout à la fois. La fluidité vue, représentée, vécue par les artistes s’oppose souvent de manière frontale aux rigidités sociétales, parfois aussi de manière ludique.

De Cindy Shermann à Emilie Jouvet, la fluidité du genre est avant tout une appropriation mentale. Il s’agit, notamment pour nous, femmes, artistes, d’investir tous les territoires et de jouer à qui change gagne. La diversité des genres, leur multiplicité et toutes les possibilités de passage qui existent entre eux, leur éventuel effacement, leur indétermination, sont une richesse que nous choyons précieusement. La fluidité du genre, telle que la représentent les artistes ? C’est la possibilité de choisir son genre à chaque instant, de ne jamais être assigné à résidence ; la possibilité de se déplacer le long de la frontière, de tourte frontière, en toute liberté. C’est Chloé Maillet et Louise Hervé. Ce sont les argonautes de Maggie Nelson.

 
Texte de Barbara Polla
autrice, commissaire d’expositions indépendante et galeriste

                         




    Friday March 4th at 3 pm

The Ecological Art Between Mysticism, Activism, and Dogma


with
Marie Velardi , artist, CH
Garance Primat, philanthropic entrepreneur engaged for art and nature, FR
Bernard Vienat, art historian, curator and director of art-werk, CH


The current ecological issue is paramount and the survival of the human species depends on solving it. Nothing less. Through consideration of this problem, the question arises of whether or not this same human species should be maintained within “Mother Earth”, if possible under non-apocalyptic conditions. Can we fight against environmental disaster? It’s now or never. By this yardstick, what can art do? What can women do, who are pioneers in ecological art?

On one side of the ring—as Paul Ardenne wrote, author of the first "bible" of world ecological art—we have art, which is a matter of poetry, aesthetics, plastic creations, and sensible elaboration. On the other side of this same ring is the ecological reality of the “Anthropocene” era and its onslaught of calamities of all kinds. What can we as women in the artworld do? What responsibilities can we take on? What have we done already?

Writer and marine biologist Rachel Carson published one of the first ecological alerts to the tune of “For Whom the Bell Tolls” in 1962: Silent Spring evokes a world in which pesticides have killed all the birds. Twenty years later, Ágnes Dénes grew a wheat field in Manhattan, and then a forest of 11,000 trees in Finland. Starhawk, a pacifist writer and activist, is one of the first “witches” to link feminism and ecology and poetize nature by combining political action, dance, poetry, mythology, and even magic. Severely and openly criticized by Luc Ferry, she is now a star in the art world. The Australian Janet Laurence is creating “clinics” in museums for trees, fish, and endangered marine species. The great Swiss artist Ursula Biemann has been making ecology a sensitive art for more than fifteen years, having worked on migration twenty years before any other artist. Nicole Dextras approaches ecology from a fashion perspective and offers us beautiful dresses in leaves and flowers. And today? And here at Art Geneva? And tomorrow? How do we link art’s beauty with political effectiveness—to prevent the silence of the birds—and our demise?

Text by Barbara Polla
independent curator,  feminist author and gallerist






  Saturday March 5th at 3 pm

Financialization, Economic Valuation and Media Representation

with
Laurence Rasti, fine art photographer, CH
Anne-Claire Bisch, general director of the Geneva Free Ports & Warehouses, CH
Frédéric Elkaim, art advisor, art market specialist and founder of Art Now!, CH/FR



The facts speak for themselves! If the record price for a contemporary work of art by a woman is in the tens of millions of dollars, the maximum level achieved by a man’s work must be multiplied by ten! Therefore, it is difficult for some to not consider the “artistic value” of pieces produced by women as lower than those produced by men.  Therefore, we can see that “financial” value has a much more profound negative impact on representation bias than immediately is apparent. Beyond this observation, we can also seriously wonder about the analyses published in the media, which still lead the “prescribers of contemporary art” (curators, collectors, gallery owners, heads of institutions, art critics...) to establish lists of “Top Artists” where women are relegated to a small twenty percent of the panel. These figures do not mean that the dynamic work currently being done to validate women’s roles is ineffective. But it testifies to the weight of using an old system to validate women’s work. The inertia of a gendered recognition mechanism inscribed in the history of art is still very present! And at the level of purely economic mechanisms, the notion of “securing” transactions is obviously at work. Women’s overall ratings remain much lower than that of men simply because there are too few to be considered the “blue chips” (the safe bets) of auction houses and major international galleries. The massive presence of men in the management of galleries or in the departments of these big art market players are also essential factors. How then to make this phenomenon of solidarity evolve? Perhaps it can be accomplished by starting to consciously question the cause and effect links that are formed between the artistic, media, and economic value of women’s artistic practices.

Text by Frédéric Elkaïm
advisor and educatorin contemporary art markets




Saturday March 5th at 6 pm

Sexism, Positive Discrimination and Artistic Quality

with
Emilie Ding, artist, CH
Delphine Bedel, artist, publisher and chairwoman of the Fondation Engagement Arts NL, NL
Nathalie Herschdorfer, curator and director of the Museum of Fine Arts Le Locle, CH
Alain Quemin, professor of sociology of art, GEMAS - Sorbonne Université / Institut Universitaire de France, FR


Launched for many years in the United States regarding racial discrimination, the idea of positive discrimination is to favor women in many areas to re-establish a form of equity, which is not a rule. This action, now present in different ways in Europe, still gives rise to much debate. As we know, the majority of artists graduating from art schools are women, yet we still have to deplore their weaker representation in both museums and on the art market, not to mention the masculinized conception of art of the last fifty years. For a long time now, female artists who are aware of this state of affairs seem to have one of two attitudes, which sometimes fluctuates within their very practices. On the one hand, they subvert the gendered practices of cooking, home, and “needlework” work into a statement of freedom and assumed creativity. And on the other side, some prefer to create their work without specific reference to this issue, believing that it is the recognition of the quality of their work that will be the most effective for change. Activist groups, such as the famous “Guerrilla Girls,” say that women should be more willing to claim their rightful share of representation in the current system, even though it is dominated and created by men. Should we, for these women artists, take measures comparable to those that have changed the situation for a good decade in politics or social rights? Or should we fear a negative effect due to doubts about the artistic quality, which should be the only quality taken into account?


Text by  Frédéric Elkaïm
advisor and educatorin contemporary art markets





Sunday March 6th at 3 pm

The Fluidity of Gender, The Fluidity of Art

with
Angela Marzullo, artist, CH/IT
Véronique Caye, artist, FR
Victoria Mühlig, art historian and curator at the Musée d’art de Pully, CH
Barbara Polla, author, independent curator, and gallerist, CH


« Perhaps the sexes are more closely related than we think, and the great renewal of the world will perhaps consist in man and woman, freed of all sense of error and disappointment, seeking one another out not as opposites but as brothers and sisters and neighbours, and they will join together as human beings, to share the heavy weight of sexuality that is laid upon them with simplicity, gravity and patience. »     
Rainer Maria Rilke, Letters to a Young Poet


The fluidity of the genre is a major claim of artists today, for both men and women. Do not let yourself be defined by your gender alone, explore other possibilities, other definitions, other indefinitions. The rainbow movement, LGBTQIA +, at the intersection of feminism and humanism, values the range of individually and autonomously chosen sex and gender tastes and preferences. The artistic nebula embraces plurality, a thousand ways of being woman or man or other, or all of them simultaneously. The fluidity seen, represented, and experienced by artists often opposes societal rigidities head-on, sometimes also in a playful manner.

From Cindy Shermann to Emilie Jouvet, the fluidity of the genre is above all a mental appropriation. It is a question, particularly for us, women, artists, to explore all the territories and play with which change wins. The diversity of genres, their multiplicity and the possibilities of passage that exist between them, their possible erasure and their indeterminacy, are a wealth that we cherish preciously. The fluidity of the genre, as represented by the artists, is the ability to choose your gender at any time, never to be under house arrest—the possibility of moving along the border, around the border, in complete freedom. It’s Chloé Maillet and Louise Hervé. They are Maggie Nelson’s Argonauts.


Text by Barbara Polla
independent curator,  feminist author and gallerist




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Dana Hoey
Artist and photographer